Après un été à dialoguer avec le cabinet du ministre de la Santé, j’ai saisi, hier, le nouveau Premier ministre, M. Lecornu, afin de lui demander solennellement la suspension immédiate de l’arrêté du 4 août sur la baisse des plafonds des remises applicables aux médicaments génériques.
Je remercie les pharmaciens, aussi bien en ville que dans les communes rurales de ma circonscription, qui m’ont alerté, dès le mois de juin, sur les conséquences préoccupantes d’un tel arrêté.
Non seulement, il fragilise le modèle économique des pharmacies, mais il menace aussi le maillage officinal territorial qui garantit à chacun de nos concitoyens l’accès aux soins de proximité.
Personne ne peut nier les enjeux budgétaires qui nous imposent de maîtriser la dépense publique et de préserver l’équilibre financier de notre système de santé. Nous avons la responsabilité de regarder cette réalité en face.
Ce dont je suis certain, c’est que cet arrêté n’y répond en rien. Il n’apporte aucun bénéfice ni aux pharmaciens, ni aux Français, ni même aux finances publiques.
Au contraire, de très nombreuses officines ne pourront pas compenser les pertes engendrées : beaucoup seront contraintes de réduire leurs effectifs, de geler les embauches, de restreindre leurs horaires et, dans les cas les plus critiques, de fermer définitivement leurs portes.
Je m’y refuse. Tout cela ne va pas dans l’intérêt des Français.
Ces conséquences aggraveraient encore les inégalités d’accès aux soins, touchant de plein fouet les pharmacies qui maintiennent, avec conviction, leur présence au cœur des quartiers de nos villes comme celles de nos territoires ruraux, déjà fragilisés par la désertification médicale.
Une réflexion de fond sur le modèle économique des pharmacies est urgente, afin de mieux prendre en compte les disparités entre officines et de garantir un maillage équilibré sur l’ensemble du territoire national.
