2026
janvier
Design sans titre (20)

Filière automobile : « L’Europe doit cesser sa naïveté »

La filière automobile est au cœur de l’histoire industrielle française, au cœur de la vitalité de nos territoires, au cœur de la souveraineté française et européenne.

Aujourd’hui, nos entreprises font face à de nombreux défis : mutations technologiques, tensions d’approvisionnement, ou encore concurrence internationale d’une intensité inédite. 

Lors d’un débat avec le ministre chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, j’ai insisté sur plusieurs enjeux. 

La transformation des chaînes de production exige du pragmatisme. L’assouplissement européen sur l’interdiction des moteurs thermiques en 2035 était nécessaire face à la réalité industrielle et face à la réalité du marché, je m’en félicite.

Un immense mouvement de simplification s’impose. La capacité de la France à se réindustrialiser tient pour une part importante à l’allégement des normes et du poids administratif.  Nous devons engager un plan massif de simplification des normes et réduire la fiscalité qui freinent la compétitivité et les investissements.

Un enjeu d’équilibre et de réciprocité. La transition vers le véhicule électrique, connecté et décarboné repose sur des technologies stratégiques : batteries, logiciels, électronique de puissance, intelligence artificielle. Chaque implantation, chaque partenariat, chaque investissement étranger doit contribuer à renforcer notre base technologique, et non à l’affaiblir.

L’Europe doit cesser sa naïveté. Il est temps qu’elle prenne conscience de sa puissance et qu’à ce titre, elle soit en mesure d’imposer ses propres règles. Elle doit cesser d’être le seul marché ouvert au monde quand tous les autres protègent le leur. 

Des mesures de protection. L’industrie automobile fait face à la concurrence déloyale chinoise. Durant ce débat, j’ai relayé auprès du ministre des propositions pour protéger l’industrie française et européenne :

  • Augmenter les droits de douane sur les produits finis et semi-finis chinois ;
  • Imposer des critères de respect des normes sociales et environnementales dans les règles du marché intérieur ;
  • Exiger des importateurs ou constructeurs une part très importante de composants d’origine européenne pour accéder au marché unique sans pénalité ; 
  • Contraindre les entreprises chinoises qui souhaitent installer des usines en Europe à le faire en association avec des industriels européens. C’est la réciprocité de ce que la Chine a imposé aux Occidentaux pendant 40 ans. 

La filière automobile française et européenne possède les talents, les infrastructures et la capacité d’innovation pour réussir sa transformation.  Elle ne pourra le faire que dans une Europe décidée à défendre ses intérêts stratégiques, sans naïveté, et à faire respecter une concurrence saine et loyale.

more
more