J’ai voté pour nos agriculteurs, pour notre souveraineté alimentaire et pour la science
L’Assemblée nationale a adopté la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles.
77 mesures utiles et attendues, réclamées cet hiver par des agriculteurs manifestant partout en France leur colère et leur désarroi.
La loi consacre de réelles avancées sur le revenu agricole, les bâtiments d’élevage, l’accès à l’eau et la lutte contre la prédation. Elle affirme une souveraineté alimentaire assumée, la préférence européenne dans nos cantines, la transparence sur l’origine des viandes et une meilleure protection du revenu face à la concurrence déloyale.
Je regrette l’instrumentalisation politique massive autour de ce texte, qui amène ses détracteurs à caricaturer les mesures, à désinformer les Français et à opposer agriculture, science et environnement.
Le texte issu du sénat n’était effectivement pas acceptable, mais il a été profondément retravaillé et les mesures inacceptables ont été supprimées.
Je n’aurais pas voté la remise en question de la hiérarchisation des usages ou de la gouvernance de l’eau, la redéfinition des zones humides, ou la ré-autorisation générale de deux insecticides de la famille des néonicotinoïdes.
Je suis conscient des liens étroits entre agriculture, environnement et santé, des interrogations légitimes que ces sujets soulèvent. C’est mon travail de prendre connaissance d’éléments contradictoires.
Mais, je refuse la désinformation des Français et l’instrumentalisation par la peur. Débattons sur le contenu réel du texte, non sur des mensonges.
Cette loi n’instaure pas l’autorisation générale de deux insecticides. Les deux molécules concernées restent parfaitement interdites en France, à la différence des 26 autres États de l’Union européenne. Elle transfère, du champ politique au champ scientifique, la décision d’autoriser ou non des dérogations, pour quatre cultures (betteraves sucrières, noisettes, cerises et pommes) qui représentent moins de 1,7 % de la surface agricole française.
Seule l’expertise scientifique indépendante de l’Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’Environnement et du Travail (l’ANSES) pourra accorder des dérogations, ciblées et temporaires, au seul motif de menaces graves pour la production, et sur la base de données scientifiques évaluant les risques pour la santé et pour l’environnement.
Nul ne peut contester que confier ainsi cette décision à la science est une avancée et un changement total d’approche. Elle contredit tous ceux qui veulent s’affranchir de la science, ou qui ne souhaitent l’invoquer que lorsqu’elle confirme leurs convictions.
Face au dérèglement climatique, nous avons besoin d’une agriculture plus résiliente. Il n’y aura ni agriculture forte sans ressources préservées, ni transition réussie sans agriculteurs.
L’agriculture a besoin d’eau. Le stockage, pensé localement et inscrit dans une trajectoire de sobriété, ne s’oppose en rien à la préservation de la ressource.
Exiger des agriculteurs qu’ils s’adaptent au climat tout en leur refusant l’eau, leur imposer des contraintes au-delà de celles de tous nos voisins européens, c’est importer ce qu’on leur interdit de produire, ici, en France.
Les premiers gardiens de nos sols, de nos haies et de notre eau sont nos agriculteurs. À force de les stigmatiser, à force de les caricaturer, leurs détracteurs préparent une catastrophe, celle d’une France sans paysans.
Soutenir nos agriculteurs, c’est leur donner les moyens de vivre dignement de leur travail et de bâtir une agriculture compétitive, souveraine et durable.
Il n’y a pas d’autre voie que la transformation des modèles agricoles face au réchauffement climatique et la réduction des pesticides. Mais cette exigence nous oblige en retour à avoir confiance en la science, à soutenir la recherche, à déployer les alternatives et à accompagner les exploitations.
C’est cette voie d’équilibre que je défends.
Principales mesures de la loi d’urgence agricole :
– Sécuriser les revenus des agriculteurs : encadrer les négociations commerciales en amont (délais réduits à 4 mois) ;
– Transférer à l’ANSES la capacité d’autoriser ou refuser des dérogations phytosanitaires pour quatre cultures au seul motif de menaces graves pour la production, et sur la base de données scientifiques évaluant les risques pour la santé et pour l’environnement ;
– Bâtir des projets de territoire pour reconquérir la souveraineté agricole ;
– Lutter contre la concurrence déloyale : suspendre l’importation de produits alimentaires contenants des substances interdites dans l’UE ;
– Prioriser les produits français et européens pour l’approvisionnement des cantines publiques ;
– Obligation d’étiquetage de l’origine des viandes et produits de la pêche dans les plats préemballés ;
– Doubler les capacités de stockage d’eau agricole d’ici 2035 ;
– Simplifier les procédures pour les ouvrages de stockage conformes aux schémas locaux de gestion de l’eau ;
– Protéger le foncier agricole : circonstances aggravantes pour vols, dégradations et intrusions dans une exploitation agricole ;
– Cadre légal renforcé pour la gestion de la population de loups.

