Chaque euro d’argent public investi dans l’industrie automobile, doit servir à renforcer nos filières et notre souveraineté 

Jamais notre pays n’a autant investi pour accélérer la transition écologique de la mobilité.

Entre 2018 et 2024, l’État a mobilisé près de 9,4 milliards d’euros d’aides publiques pour accompagner le passage au véhicule électrique. Et pourtant, l’industrie automobile française traverse une période critique.

La production de véhicules particuliers en France a chuté de 59% entre 2000 et 2024. La France, qui était encore le 3ème producteur mondial d’automobiles en 2000, occupe aujourd’hui la 14ème place.

La Cour des comptes, dans un rapport d’avril 2026, souligne que les dispositifs de soutien profitent majoritairement à des véhicules produits hors de France, y compris par des marques françaises, donc à des sites industriels et des emplois situés à l’étranger.

L’Europe et la France doivent engager une vision stratégique industrielle avec un seul objectif : investir et innover, ici, sur notre territoire. Chaque euro d’argent public dépensé par la France ou l’Europe doit renforcer nos filières et la souveraineté industrielle française ou européenne.

C’est tout l’enjeu de la réindustrialisation et de la décarbonation, pour lesquelles nous avons besoin de trajectoires ambitieuses et réalistes afin de nous assurer de leur caractère opérationnel.

Dans le même temps, les constructeurs chinois, dopés par des subventions massives, des coûts de production et des normes environnementales inférieurs aux nôtres, se trouvent en situation de surcapacité. Cette surcapacité est devenue une stratégie : envahir le marché européen en vendant massivement à des prix imbattables.

L’échelle européenne est la seule à la hauteur du défi.

Nous avons un marché unique de 450 millions d’habitants, une capacité technologique et industrielle, des normes communes, des ingénieurs de très haut niveau et des capacités d’investissement dans la réindustrialisation et l’innovation.

À l’occasion d’une table ronde sur les enjeux de la filière automobile et de la distribution des véhicules en France, j’ai interrogé les intervenants sur deux convictions : la conditionnalité des aides publiques et la nécessité d’imposer des règles équitables et la réciprocité, notamment des mesures de contenu local, l’obligation de transferts de technologies ainsi que le respect de nos normes environnementales pour accéder au marché européen.

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