Question au gouvernement : Mobilisation des agents pénitentiaires
À Besançon, comme partout en France, les agents pénitentiaires se mobilisent pour alerter sur leurs conditions de travail face à la surpopulation carcérale.
Lors de la séance de questions au gouvernement, j’ai questionné le garde des Sceaux, ministre de la Justice sur l’attractivité du métier d’agent pénitentiaire et sur les conditions de détention des détenus.
Avec plus de 87 000 personnes détenues pour un peu plus de 63 000 places opérationnelles, la réalité de nos prisons est un défi pour notre République.
La sécurité de ceux qui servent l’État et la dignité de ceux qui sont incarcérés sont indissociables.
À la Maison d’arrêt de Besançon, les chiffres sont accablants. L’établissement compte 461 détenus pour 273 places. Le bâtiment des détenus condamnés est dans un état déplorable. Cette réalité illustre, à elle seule, l’état de saturation du système carcéral, où se conjuguent surpopulation, conditions de détention indignes et manque d’effectifs de surveillants.
La surpopulation et l’indignité carcérale sont non seulement le terreau direct des violences qui frappent nos agents pénitentiaires mais elles alimentent tragiquement la récidive. De telles conditions de détention ne réinsèrent pas, elles préparent les drames de demain.
Face à cette urgence, j’ai salué le déploiement de places de prison modulaires, comme à Mayotte. Toutefois, l’incarcération ne peut pas être notre seule arme : la réponse pénale doit impérativement devenir multiple pour soulager nos maisons d’arrêt et nos agents pénitentiaires.
Je sollicite des mesures structurelles pour rendre le métier de surveillant enfin attractif et garantir que la prison redevienne cet espace où la privation de liberté ne s’accompagne jamais de la privation de dignité.
Maison d’arrêt de Besançon : soutien aux surveillants pénitentiaires
Ce lundi matin, je me suis rendu à la maison d’arrêt de Besançon, aux côtés de M. le maire, Ludovic Fagaut, afin d’apporter mon soutien aux surveillants pénitentiaires.
L’établissement compte aujourd’hui 461 détenus pour 273 places. Cette réalité illustre, à elle seule, l’état de saturation du système carcéral, où se conjuguent surpopulation, conditions de détention indignes et manque d’effectifs de surveillants. Dans ces conditions, nos prisons deviennent de véritables cocottes-minute.
J’avais déjà effectué une visite à la maison d’arrêt en janvier 2024 et alerté sur ses dysfonctionnements. Deux ans plus tard, rien n’a changé.
La prison remplit deux fonctions essentielles : mettre à l’écart les individus qui représentent un danger pour la société, et permettre aux détenus de sortir meilleurs qu’ils ne sont entrés. Aujourd’hui, les conditions carcérales ne permettent de remplir correctement ni l’une ni l’autre de ces missions.
La prison ne doit pas être une colonie de vacances. Mais elle doit rester un lieu humain, garantissant à la fois la sécurité des agents pénitentiaires et la dignité des détenus. Soutenir les surveillants pénitentiaires, c’est défendre de meilleures conditions de travail, mais aussi des conditions de détention dignes. Les deux sont indissociables.
Peut-on raisonnablement continuer à investir des millions d’euros dans un bâtiment obsolète, qui ne garantit ni la sécurité des surveillants, ni la dignité des personnes détenues, ni la tranquillité des riverains, qui subissent eux aussi les conséquences de cette situation ? Le débat sur la construction d’un nouveau centre pénitentiaire en périphérie de la ville doit être posé.
J’ai pris l’engagement, auprès des agents pénitentiaires, de relayer dès cette semaine leurs revendications au ministère de la Justice.


