Face à cette mer, à ces croix alignées, à ces noms inconnus, nous mesurons avec gravité ce que notre liberté doit au courage de milliers de jeunes hommes venus de loin en 1944. Ils ont quitté leurs familles, leur pays, leurs repères, pour libérer une terre qu’ils ne connaissaient pas.
Comme l’écrit Philippe Labro : « Ils ne savaient rien, ou presque. Ils ignoraient tout de ces localités aux consonances énigmatiques : Colleville, Vierville, Arromanches, Grandcamp, Sainte-Honorine, Poupeville. […] Et ils eurent sept secondes et demie de survie devant eux. »
Ces mots rappellent avec une force bouleversante la réalité du 6 juin 1944, des soldats projetés sur les plages normandes, confrontés à l’inconnu et, pour beaucoup, au sacrifice ultime.
Le 15 août 1944, l’opération Dragoon débutait en Provence. Menée par les Alliés et l’armée française, elle a permis d’ouvrir un front en France afin de libérer le Sud-Est.
Adressons notre reconnaissance à tous ceux qui ont combattu et combattent encore pour notre liberté : soldats américains, canadiens, britanniques, français, africains et de tant d’autres nations alliées, aux groupes de résistants qui ont donné leur vie pour que la France, l’Europe et les générations qui leur ont succédé puissent vivre libres.
Leur souvenir nous oblige à transmettre l’Histoire, à combattre l’oubli, à refuser la haine et à défendre sans relâche la paix, la démocratie et la fraternité entre les peuples.
À eux, à leurs familles, à tous ceux qui reposent ici ou dont le nom demeure gravé dans notre mémoire, Merci.
« Ils ne savaient rien, ou presque. Ils ignoraient tout de ces localités aux consonances énigmatiques : Colleville, Vierville, Arromanches, Grandcamp, Sainte-Honorine, Poupeville. A peine connaissaient-ils l’existence de cette région au nom cependant relativement facile à prononcer : Normandie, avec un y dans leur langue natale, la seule qu’ils savaient parler, car ils n’étaient pas bilingues. Ils étaient les GI’s, les soldats américains, venus d’ailleurs pour libérer un ailleurs dont on ne leur avait pas appris grand-chose à l’école. La France. L’Europe. Un continent occupé par une force qu’on leur avait identifiée comme nazie. Et ils eurent sept secondes et demie de survie devant eux. » Philippe Labro