« La réforme des rythmes scolaires avait pour objectif d’améliorer les apprentissages, elle s’est transformée en réforme des activités périscolaires » – intervention conseil municipal de Besançon du 12/10/2017

L’expression qui me vient à l’esprit à propos de la réforme des rythmes scolaires, c’est quel gâchis !

Quand je pense à tous les efforts, toute l’énergie déployée par les communes pour mettre en place cette réforme…

Comment a-t-on pu se poser une question aussi essentielle que celle des rythmes des enfants à l’école sans jamais appliquer une méthode rigoureuse pour apporter les réponses adéquates ?

La réflexion initiale était pourtant partie de constats qui étaient justes: d’une part que l’organisation du temps scolaire n’était pas fondée sur les rythmes biologiques des enfants (journées chargées et un nombre de jours de classe inférieur à la moyenne de l’OCDE) et d’autre part que la France est la championne des inégalités à l’école.

Un quinquennat et 3 ministres plus tard, on se retrouve avec un dispositif national dans lequel les enfants passent davantage de temps à l’école, où on ne fait aucune distinction entre un élève de maternelle de 2 ans et un élève de 10 ans qui rentre au collège et dans lequel un enfant dont l’un des parents est sans emploi ne peut accéder aux activités périscolaires ! Le tout en omettant qu’aucun parent n’est en capacité de récupérer son enfant à 15h45 !

La réforme des rythmes scolaires avait pour objectif d’améliorer les apprentissages, elle s’est transformée en réforme des activités périscolaires.

Elle n’a été fondée sur aucune expérimentation et aucune modalité d’évaluation n’a été prévue. Par conséquent, personne n’est en capacité de dire quel est l’impact sur les apprentissages des élèves !

Et cela coûte 2 millions d’euros par an à Besançon, je vous laisse faire le calcul à l’échelle du pays.

Alors donner de la souplesse comme le propose le ministre Blanquer, reconnaître que les territoires ne sont pas uniformes et laisser la possibilité de poursuivre là où cela fonctionne et d’arrêter là où cela ne fonctionne pas me semblent être une mesure de bon sens. Je suis d’autant plus à l’aise de dire cela que je suis favorable au maintien des 4,5 jours mais sous une autre forme.

Sans indicateur venant de l’Education Nationale, sans consensus au sein de la communauté éducative, s’en remettre à une consultation ouverte en l’accompagnant en amont d’une séquence de débats me parait être une sage décision.

J’ai profité à cette occasion pour encourager la municipalité à inviter la chronobiologiste Claire Leconte, qui fait office pour moi de référence dans le domaine et avec qui je m’entretiens régulièrement. Son expérience, son approche rigoureuse et scientifique serait un apport précieux à la réflexion.

La municipalité peut compter sur ma disponibilité pour participer à la consultation citoyenne du 10 décembre.


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